mardi 19 juillet 2022

La lente remontée de l'Aveyron

 

Premier contact avec la rivière à Brioule.

Un peu de géographie.

La rivière Aveyron prend sa source à proximité de Séverac-le-chateau.

Elle chemine lentement par le causse de Séverac, traverse  Rodez puis c'est le Segala.  

Cette rivière a créé des gorges entre Najac et Montricoux.

Elle se jette dans le Tarn  à proximité de Montauban après avoir parcouru 290 km.

Voila l'objectif de cette nouvelle itinérance; remonter l’Aveyron jusqu’à sa source.

 

La place Nationale de Montauban avec son tout nouveau miroir d'eau.
 

Montauban, une jolie ville. En empruntant la départementale 958 pour rejoindre Nègrepelisse, je suis surpris de constater un étalement urbain important. C'est le paradis des maisons individuelles sur des kilomètres. Conception désormais obsolète de l'urbanisme...

La chaleur m'accompagne. 

Après Montricoux  je circule dans les gorges de l'Aveyron.

Bruniquel et son château. 

La chaleur a raison de mon envie de visiter le village de Bruniquel. Ce sera pour une autre fois. Il en est de mème pour le village de Penne. Un seul objectif rejoindre rapidement Saint Antonin-Noble-Val et me protéger de la canicule.

Les gorges de l'Aveyron.

Dans ce secteur la route emprunte le tracé d'une ancienne voie ferrée Montauban- Lexos. 

De nombreux ouvrages témoignent de ce passé du XIX°siècle. Pont, tunnel, gare, bâtiments... Cette voie ferrée fut inaugurée le 30 aout 1858 et définitivement fermée en 1957. La route a été créée sur son emprise.


Saint Antonin-Noble-Val, un véritable coup de cœur.

Cette cité médiévale fut également un temps une station thermale grâce aux eaux de la source de Saleth. 

Cette ville mériterait d'y rester quelques jours pour profiter au mieux de son charme.

Mais il faut poursuivre la remontée de la rivière. 


Laguépie et son château ruiné

Très joli village. Lui aussi donne envie de s'y arrêter plus longtemps. Je découvre qu'il existe un train direct qui fait Toulouse - Capdenac . Ce train relie Cordes sur Ciel, Laguépie, Najac, Villefranche de Rouergue... De quoi se créer de nouveaux projets. 10 euros le trajet avec le vélo !!!

 

Najac.

Najac. Joli village. Dommage que son camping ne soit pas à la hauteur.... A fuir. Il existe un camping à Monteils qui parait bien plus agréable pour les cyclos. Je le testerais la prochaine fois.

Villefranche de Rouergue est envahi par un tournage Netflix,"All the light we cannot see". Tout le centre ville est transformé pour l'occasion. Je m'y arrêterai une autre fois.

 

Belcastel.

 C'est avec grand plaisir que je retrouve Belcastel. Ce village dégage tant de bonnes ondes et beaucoup de poésie. Son camping au bord de l'Aveyron est toujours aussi agréable.

C'est déjà Rodez en ligne de mire. cette ville est bâtie principalement en hauteur. L'Aveyron coule à ses pieds. Pour vraiment me reposer, je prends une chambre climatisée dans un hôtel ! C'est le 14 juillet. Toute la ville se prépare pour le tour de France qui sera là dans 2 jours.


Rodez. Le pont de Layoule du XIV° siècle enjambe l'Aveyron.


Château de Loupiac, commune de Séverac d'Aveyron.

Direction Séverac d'Aveyron pour aller jusqu'à sa source . D'ailleurs la rivière a perdu de sa superbe! Il ne coule plus beaucoup d'eau.

La source se situe dans un vallon situé au sud de Séverac le château. Surprise elle ne coule plus....



 

 


 

Source de l'Aveyron.

 

La chaleur est intenable. J'ai maintenant envie d'en finir rapidement. Il fait vraiment trop chaud pour profiter. C'est une lutte permanente pour se protéger du soleil. Je décide donc de bruler cette étape de Severac où j'avais l'intention de m’arrêter pour continuer jusqu'à Nant. Une journée de 120 km pour enfin atteindre Nant où Magali me rejoindra. 

Plus que 7 km avant le village.....





 

 

 

dimanche 19 juin 2022

Fugue Alpestre d'un vagabond.

 Une voix intérieure me susurrait à l'oreille depuis longtemps que c'était le moment de poursuivre ma traversée des Alpes. Je n'ai pas pu résister à cet appel. 

Tu dois bien savoir ce dont je parle.

Une envie de se sentir vivant, 

d'oublier ses misères les cachets les prises de sang,

de ne plus se souvenir de son âge, ou du moins de faire semblant, 

de continuer à rêver....

Je repars donc de Guillestre, la porte du Queyras. 

Chapelle Ste Marie-Madeleine au Col de vars.

Ce fut d'abord le col de Vars.

Une sacrée grimpette qui vous prend à froid dès la sortie du camping.  La station de ski est d'une affligeante  banalité. Pourtant, elle continue à attirer la clientèle si j'en juge les nouvelles constructions actuellement en cours. 

Je me serais bien arrêté au refuge Napoléon qui se trouve non loin du sommet, mais je pars si tôt le matin, pour ne pas trop souffrir de la chaleur, qu'il est encore fermé. 

Dommage je rêvais d'un bon café. Ce n'est pas grave, il y aura bien la boutique du col qui pourra me satisfaire. Hélas nouvelle déception, elle est fermée, des travaux importants sont menés pour une réfection totale des parkings. 

 

20 km de montée depuis Guillestre.

Chouette, je vais prendre congé de la cinquantaine de mouches qui m'ont gentiment accompagné tout au long de la montée. Qu'elle trouvent désormais un nouveau cycliste !!

La descente coté Ubaye est superbe. Je termine cette étape au camping municipal de Jausiers village agréable et vivant. 

Le gros morceau est devant moi. Encore une fois il vaut mieux partir tôt. Je me lève vers 5h et à 6h je pédale déjà pour profiter des meilleurs heures de la journée. Je me fixe un objectif: moins de 5h pour arriver au sommet. C'est pas trop ambitieux pour 24km !! Et bien, objectif atteint!

Je suis face à moi-même, la pente est rude. C'est vraiment pas simple et je décide de faire une pause et grignoter  toutes les demi-heures comme cela m'a été bénéfique lors de la montée du col de Vars.

Il faut être honnête, c'est dur de grimper avec un vélo chargé.... Pourtant j'ai fait des efforts énormes pour ne prendre que le strict minimum. Cette fois-ci je pars avec 4 petites sacoches qui me permettent de mieux repartir le poids sur le vélo.

La forêt de mélèzes a fait place à la pelouse alpine.


2800 m c'est le domaine de la haute montagne. La végétation a disparu.

Les nombreux cyclistes que je croise ont souvent des mots d'encouragement à mon égard et cela me touche beaucoup. 

Une cycliste m'a dit " Nous on est des petits par rapport à vous, c'est vous le héros de la journée". c'est certainement exagéré mais ce compliment m'a fait du bien pour finir le dernier kilomètre avant le sommet.



Pèlerinage aux cimes. Difficile de faire plus haut !!

Pour varier les plaisirs, je décide de rejoindre le hameau de Bayasse par le vallon de la Moutière. C'est un chemin d'apparence carrossable. Il me réservera quelques surprises!


Voilà le chemin de descente que je dois emprunter. En face, le col et la Cime de la Bonette que je viens de quitter.



La définition du bonheur pour certains ....



Vallon de la Moutière. Les alpages sont encore vides.

Bivouac dans le mélézin.

Hameau de Bayasse au débouché du vallon de la Moutière.


Durant tout le voyage les odeurs de tilleul m'ont accompagné. C'est la pleine saison de sa floraison. 

le bivouac du coté du village de Bayasse m'a permis de bien me reposer avant d'attaquer le col de la Cayolle. A peine 10 km de montée. 

Comme je pars tôt je n'ai rencontré personne jusqu'au col. Ni vélo, ni voiture, ni moto, juste de nombreuses marmottes venues me saluer et m'encourager par leurs cris stridents.

Ce col est incontestablement le plus beau. 

Le gravir seul sans aucun autre bruit que celui de la nature est un grand bonheur.


Vous êtes prévenu...


Encore un col d'encapé. Comment vous dire le bonheur?....


Descente des gorges du Bachelard jusqu’à Barcelonnette.

Il faut déjà penser au retour. Une dernière halte au Lauzet-Ubaye.

Puis après avoir longé le lac de Serre-Ponçon au petit matin, c'est déjà Embrun pour une dernière pause avant de retrouver Guillestre et ma voiture qui m'attendait sagement.

Lac de Serre ponçon au lever du jour.


Lac d'Embrun, Dernier arrêt avant le retour sur Guillestre.

Bilan

200km parcourus, plus de 4000 m de dénivelés et surtout beaucoup de bonheur engrangé précautionneusement au fond du cœur.

Extrait: Le temps qui reste, interprété par Serge Reggiani.

Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?
Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste
Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...
J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...

samedi 28 mai 2022

L'Échappée Belle

 

Au revoir Metz.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne ratez surtout pas la visite de la cathédrale. Elle est splendide. Certains vitraux ont été réalisés par Marc Chagall.

 

Échappée Belle. Elle pourrait s’appeler ainsi cette véloroute tellement les paysages traversés sont inspirants et beaux.

Après quelques jours passés en famille à Metz, nous décidons de revenir chercher la voiture par le même chemin, et nous avons bien fait tellement il reste de jolis paysages à déchiffrer. 

A la sortie de Metz, la véloroute traverse le site de la bataille de Dornot - Corny. 

Qui se souvient, dans ces lieux en septembre 1944, que la tentative de la 3° armée américaine dirigée par le Général Patton pour traverser la Moselle a fait 945 morts en 60 heures parmi les GI? 

Un chemin de mémoire a été réalisé pour ne pas oublier ces combattants venus d'outre atlantique délivrer Metz et l'Europe de l'oppression.


Dornot, la bataille oubliée.


Croisement de véloroute en aval de Nancy. La boucle de la Moselle passant par Toul fait 85 km parfaitement balisé.


Au pont canal de Golbey, nous "remonterons" le canal de l'Est jusqu'au réservoir de Bouzey. pas moins de 13 écluses pour arriver au point culminant du canal avant qu'il ne redescende tranquillement vers la Saône.

 

Fontenoy-le-Chateau.

 

Joli bourg d'un autre temps. Les commerces de proximité se font rares comme dans de nombreux villages de France.


Toujours ce paysage enivrant qui loin d’être monotone invite à la méditation....



Sans prévenir, c'est déjà notre dernière soirée à Scey sur Saône. Un cygne se permettra même de perturber notre apéro....


Pont de Chantes.


Un dernier regard en bord de Saône.... Le bonheur n'est pas une somme d'avoir, et il en faut peu pour être heureux

Partie de la voie bleue réalisée.


 


vendredi 20 mai 2022

L'Échappée Bleue



Les beaux jours sont là, il est temps de reprendre la route. Notre objectif: Metz. Nous allons rendre visite à Julien le fils de Magali et Rebecca sa compagne.

Pour tenir compte des impératifs de planning nous partons de la ville de Gray où la voiture attendra sagement notre retour. 

Gray borde la Saône  et nous allons tranquillement démarrer cette itinérance en longeant la rivière. C'est la véloroute " L’échappée bleue" qui sera notre fil conducteur.

coucher de soleil sur la Saône à Gray.

La Saône est un affluent du Rhône. Longue de 480 Km, elle prend sa source à Vioménil. Nous quitterons ses berges ombragées à Port sur Saône.  A Corre c'est désormais le canal de l'Est, reliant la Saône, la Meuse et la Moselle, que nous suivrons.

 

C'est parti !!!


Le long de la Saône, la vie se déroule paisiblement.

Scey sur Saône. un camping municipal comme on les aime.


Le long du canal de l'Est du coté d'Ambiévillers.





 

Le  réservoir de Bouzey a été créé en 1880 pour permettre l'alimentation en eau du canal de l'Est. La branche Sud de ce canal s'appelle aussi canal des Vosges, La branche Nord canal de la Meuse. A proximité se trouve la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et la mer du Nord.

Une stèle située près du barrage rappelle la catastrophe du 27 avril 1895 qui fit 87 morts à la suite de la rupture de l'ouvrage.


Épinal vaut bien un café....


Les paysages sont suffisamment variés pour ne jamais se lasser. Les panneaux nous permettent de mesurer notre progression.



Écluse de Neuviller.

Il faut bien de temps en temps supporter les caprices de la météo. La visite de Nancy se fera sous la pluie, mais que la place Stanislas est belle.

 

Et puis, c'est déjà Metz en approche....

Les Mussipontains peuvent être fiers de leur ville qui se prélasse le long de la Moselle. Les arcades de la place Duroc méritent le détour.

Pont à Mousson.



Et voila Metz !!! au bout de 6 jours de vélo. Fastoche la vie !