samedi 18 novembre 2023

Villa Santa Lucia

C'est le printemps en Patagonie !
 

Quelle belle journée, comme je les aime.
Ce matin la météo n'est pas réjouissante et mes affaires ne sont pas complètement sèches.
Je décide donc de rester une journée de plus à l'hospedaje de Chaiten. J'en profiterais pour visiter le village qui a tant souffert de l'éruption de volcan en 2008. J'attends la patronne qui arrive vers 10h30. Elle me dit que ce soir c'est complet et qu'il n'y a pas de place pour moi.
Je pars faire les courses, car je n'ai plus rien à manger, et je vais chercher un nouveau logement.
Un rayon de soleil fugace me fait changer d'avis.
Je prends la route vers 11h. Ce n'est pas trop raisonnable.
Le lac Yelcho est en ligne de mire avec son camping. Mais il y a quand même une cinquantaine de kilomètres. Aidé par un léger vent arrière j'arrive au niveau du lac pas trop épuisé. Je retrouve Jeff l'australien qui avait décidé de pédaler car la météo des prochains jours n'est pas fameuse. Et pourquoi ne pas continuer encore un bout de route?
 
Juste avant la neige et la grande montée, c'est bien de prendre des forces et surtout se réchauffer avec un bon café.

Les cinq kilomètres de la montée du col se font sous les averses de neige. Le chasse neige est même passé dans la journée !!
Et me voilà ce soir à Villa Santa Julia après 80 km de vélo.
Sur les recommandations de Dominique je me retrouve dans l'hospedaje de Betty.
Je vais vite me changer car ce n'est pas un temps à rester mouillé.
Vous pourriez croire que cette journée dantesque a été terrible. Elle le fut. Mais quel bonheur de pédaler, trempé, glacé, il fait 3 °. On se sent tellement petit mais aussi en symbiose avec ce pays qui vous prend aux tripes.
La vraie Pagonie commence avec ses joies et ses souffrances entremêlées.
Les émotions sont à fleur de peau, c'est que je suis venu chercher...
 
L'Hospedaje de Betty, J'y suis resté trois nuits.

Le 16 décembre 2017 un torrent de boue, de glace et d'arbres a envahi une partie du village. Ce jour là restera gravé à jamais dans l’histoire du village.
 

 
La coulée de boue a emportée l'école, la caserne des pompiers, de très nombreuses maisons.

Le village telle que je l'ai connu fin 2016.

Solo con el corazon podemos ver bien, lo esential es invisible à los ojos.

Le souvenir reste mais des plantations ont été réalisées. Bientôt la foret représentera l'avenir...
 
La pluie, toujours la pluie qui tambourine. Pas de vent qui pourrait chasser les nuages.

L’école a disparu sous les alluvions. Une nouvelle école a été construite, elle accueille 14 enfants en bas âge.
La plaza del arma , comme il en existe dans tous les villages chilien, n'a pas été reconstruite. Plus de jeux d'enfants non plus.
Sous la pluie permanente, ce village pleure....
Betty n'a pas internet, comme beaucoup de ses voisins.
Ce village est rattaché à Chaiten. C'est là qu'elle se rend quand c'est nécessaire. Junta serait plus facile d'accès mais ce n'est pas la même région administrative.
Demain je repartirais tranquillement, il devrait pleuvoir moins....
 
 J'ai bien dîné chez Betty. Elle est venue s'asseoir avec moi pour parler. C'est elle qui fait des œuvres en laine. Je lui ai dit que ma compagne peignait. Elle a trois filles qui ont toutes faites des études. La plus grande vit ici, une autre à Osorno. Nous avons parlé en toute simplicité de nos vies respectives.

Nous nous sommes souhaité plein de bonnes choses pour l'avenir et je suis parti avec de délicieux gâteaux qu'elle m'a offert pour mon petit déjeuner demain matin.
Les gestes simples, débordants de gentillesse valent tout l'or du monde....
 
La salle à manger de Betty.

La cuisinière au feu de bois, avec tout autour de quoi s'asseoir pour passer les longues soirées d'hiver...

Merci Betty pour ces moments de partage. Que te vaya bien.

Au revoir Villa Santa Lucia.

Il est temps de reprendre le chemin.

 
 Demain sera un autre jour...
 
 
 
 
 

mardi 14 novembre 2023

Chaiten

 " Il y a des moments dans l'existence ou le temps et l'étendue sont plus profonds, et le sentiment de l'existence intensément augmenté"

Charles Beaudelaire 

L'étape pour rejoindre Chaiten depuis Hornopiren se fait en 2 fois.  Un bivouac dans le parc national Pumalin Douglas Tompkins ne laisse pas insensible. C'est la nature sauvage, humide!, à l'état brut. Le temps n'est pas de la partie mais qu'importe il faut se détacher de la météo pour apprécier ce bonheur primitif qu'il m'ait donné de contempler.




D'abord il faut prendre un ferry, puis un second. C'est bon d'apprécier les paysages sans efforts.



Puis c'est parti. Comme il n'y a qu'un ferry par jour, une fois que les véhicules sont passés, la route est à nous...

De chaque coté la nature est impénétrable.


Les traces de l'éruption du volcan Chaiten en 2008 sont toujours présentes.

vendredi 10 novembre 2023

Hornopiren

 Pour atteindre Hornpiren, ce ne fut pas de tout repos.

C’est toujours un peu difficile le 1°jour. Il faut retrouver ses habitudes pour ranger tout le matériel dans les sacoches. Une dernière embrassade et me voila parti pour de bon sans oublier la photo souvenir au pied des amoureux de Puerto Montt.

Cette première journée résume le voyage à vélo. tout peut arriver. Mais tout est grand. Je voulais des émotions. Je suis servi….
Chaque jour s ‘émerveiller...

 

Au revoir Puerto Montt.

 

C'est parti !



Un chien a eu la délicatesse de choisir ma sacoche plutôt que mes mollets. je lui en serai éternellement reconnaissant....



Caleta La Arena. Mon premier ferry pour rejoindre la Caleta Puelche. 


Mon premier bivouac au bout de 80 km . je pensais m’arrêter bien plus tôt mais les hébergements étaient fermés ou bien trop chers. De très, trop, nombreuses montées m'ont obligé à pousser le vélo....



Hornopiren, enfin !! un passage à la biblotheque pour acces au wifi. Du coup la personne m'a indiqué que sa tante tenait un hostal, alors pourquoi chercher ailleurs?


Et me voila chez Nancy. Elle est pas croquignolette sa cuisine?


Je vais rester 2 nuits ici car la météo n'est pas très bonne pour demain. Puis ce sera de nouveau un ferry dont les horaires sont calés avec celui des marées.


mercredi 8 novembre 2023

Puerto Montt


 Quel bonheur de se retrouver à Puerto Montt.

C'est le début de l'aventure. La ville est toujours aussi attrayante. Je me repose du voyage, prépare mon vélo, rempli mes sacoches avant de prendre demain le départ d'un nouveau périple. 

Je vais commencer par une portion connue, la carretera australe avant de .....  enfin on verra...

En tout cas c'est bon de retrouver le printemps avec ses jours qui rallongent.

 

 

Viva Chile.
 

 


 

Vendeur de Nalca.

Le Nalca (Gunnera tinctoria) est une herbe géante originaire du Chili et d'Argentine, considérée par les peuples ancestraux comme une plante mère et récoltée depuis la préhistoire pour ses usages médicinaux et sa grande valeur nutritionnelle. Son nom, nalca, vient du Mapudungun nalka ou ngalka, qui désigne la partie comestible de la plante.





J'aime l'ambiance des restaurants où les travailleurs se retrouvent pour déjeuner.


jeudi 12 octobre 2023

Insolente liberté...

"N'ayez pas peur de la vie. N'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroit."  Henry de Monfreid

C'est décidé, je repars de nouveau au Chili, pédaler encore et encore, m'enivrer d’espaces infinis.

Bientôt de nouvelles aventures....


mercredi 4 octobre 2023

Marée d'équinoxe à l'ile Madame

Marée haute. La passe aux filles est submergée.

 

Les marées d'équinoxe de fin septembre sont une belle occasion de se retrouver entre amis, de savourer des moments agréables ensemble et de partir à la découverte de cette superbe région à vélo.

Dominique, qui connaît sa région de Marennes comme sa poche, a élaboré un programme pour nous faire explorer toutes les merveilles de cet endroit.

Notre point de rencontre sera l'île Madame, un lieu enchanteur où nous pourrons vivre l'expérience unique d'être momentanément isolés du continent pendant la marée haute. 

Seul accès possible, la passe aux bœufs est rythmée par les marées, nous devrons la traverser avant 14h04 pour rejoindre notre campement. 



 

Depuis Port des Barques, les carrelets dessinent le paysage.

Après avoir, toute une journée, musardé le long de la Charente, admiré le fort Lupin et sa fontaine qui permettait aux navires de se ravitailler en eau, dévoré des moules à Port des Barques, il est temps de retrouver l'ile Madame avant la marée haute.


La mer recouvre déjà la passe, nous sommes passés à temps!

Le lendemain, jour de grandes marées, coefficient de 110, allons parcourir l'estran. 

Nous sommes prêts !

Dominique et Yolande s'engagent sur la passe aux filles...


Il y a du monde aujourd'hui.....


Les pécheurs de crevettes sont à l’œuvre...


Dominique partage son savoir pour ramasser les palourdes.


Le plateau des Palles sera bientôt recouvert de 6 mètres d'eau et nous sommes à prés de 3 kilomètres de la côte....


Au loin l'ile d'Aix et le fort Énet.


Retour de pêche, la mer monte...


Pour les retardataires il faudra patienter là haut quelques heures....


Après cette belle journée passée sur l'estran, contemplons le coucher du soleil.

Changement de décor. 

 

A bientôt ile Madame.

 

Déjeuner tous ensemble au vieux Chapus.

 

Désormais, avec une grande gentillesse, Dominique et Yolande nous accueillent dans leur maison. 

Demain ce sera navigation en mer pour atteindre le banc de la Goelette qui découvre à marée basse en face de Saint Trojean. 


Embarquement immédiat !




Après avoir descendu le chenal de Marennes, puis la Seudre, nous nous dirigeons en direction de Saint Trojean.


Bouée cardinale Ouest.



Dominique nous montre les gestes pour capturer les couteaux.



La mer est descendue. Le bateau est désormais à sec.


Mais la marée remonte vite, il est temps de rentrer avec le courant portant.


Dois je avouer que je n'en n'ai pas ramassé un seul !!!!



Merci Dominique pour cette journée inoubliable de pur bonheur.