vendredi 9 décembre 2016

L'apprentissage du vent....

El Calafate - Puerto Natales, une liaison classique. La météo est bonne. Je pars tôt comme à mon habitude, avec de l'eau pour 2 jours et de la nourriture pour 4.
La fin de la première étape  est difficile. Le vent de face s'est levé et je peine à rejoindre Esperenza au bout de 164 km de souffrance.
Ce village est vraiment isolé. la vie semble tourner autour de la station service. C'est là que je demande où je peux dormir. Finalement je trouve une belle chambre avec cuisine et salle de bains. Génial! quand le vent souffle sans discontinuer.
je dors rassuré car le gérant de la station service m'assure que le lendemain il n''y aura pas de vent.
j'ai le projet de rejoindre Cerro Castillo au Chili.
A peine parti, je me rends compte que la situation sera bien différente. Je vais tenter de rejoindre la prochaine station service à 80 km.
Au bout de 2h cet objectif parait, lui aussi, bien ambitieux. J'avance à 5 - 6 km/h avec peine. J'ai devant moi un mur invisible, glacé, qui me force régulièrement à marcher en poussant le vélo. C'est totalement irréel. Je me demande si je ne vais pas abandonner. c'est trop dur. Je me concentre sur ce ruban d'enrobé que je grignote mètre par mètre. Pour se reposer, une seule solution : Profiter ,des ouvrages  des collecteurs pluviales qui traversent la route. C'est un peu de répit. Je me concentre sur l'essentiel, oublier le vent assourdissant avec un peu de musique, se protéger au maximum et fonctionner en automatisme. En fin de journée, totalement épuisé j'arrive enfin à Tapi Aike.
A un croisement de route, une station service d'un autre âge, un poste de police et une annexe de la DDE locale pour l'entretien des routes.
Le responsable du service me propose d'utiliser le hangar. Mieux qu'un hôtel après une journée d'enfer.
 Je vais dormir entre les bidons d'huile avec les odeurs d'huile de vidange. un vrai luxe!. Toute la nuit, le hangar va gémir sous les coups de buttoir du vent. Les tôles claquent, grincent, mais je m'en moque car je suis si bien dans mon duvet.
Le troisième jour, 53 km me sépare du village chilien de Cerro Castillo. Parti à 5h du matin pour éviter les rafales les plus violentes j'arrive au village vers 13H.
Dès la frontière franchie, le paysage change et devient beaucoup moins hostile. Tout est plus vert, il y a des arbres, de l'eau. Cette partie de la pampa est enfin derrière moi.
Malgré un vent persistant je décide d'entamer les derniers 60Km avant Puerto Natales. Le vent m'aidant sur certaines portions, je décide d'en terminer et j'arrive enfin à Puerto natales au bout de trois jours de vélo épuisant et 355 Km parcourus.

Seul face à une nature immense.

Toujours aussi gracieux ces Guanacos.

Des lignes droites à perte de vue. Moralement très difficile.

Nandou de Darwin

Livré qu'à moi mème....

Les nuages toujours aussi beaux

Grand tatou velu

De temps en temps une estancia rompt la monotonie du paysage.

Protection maximale pour se protéger au mieux...

Ce hangar, plus confortable qu'un hôtel !!!

Surgit de nulle part la station service.... Sur les vitres, les autocollants des voyageurs de passage.


Seul au monde !

Au loin, inaccessible, le massif  Torres del paine


Souvent au bord des routes ces commémorations.

Un peu de ripio pour franchir la frontière.

Le restaurant de Cerro Castillo. un bon repas m'a requinqué.

la place de Cerro Castillo

Lago del Toro.

Je retrouve les lupins avec plaisir

Et après tant d'efforts je retrouve enfin le Pacifique














3 commentaires:

  1. Super Patrick ! La volonté est plus forte que le vent ! Ce vent qui déstabilise ! Garder la lucidité et l'équilibre ... pas toujours facile ! Dommage que tu n'aies pas rendu visite aux Torres del Paine, mais ce sera pour une ... autre fois ?

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    1. Merci André.
      Je viens de m'apercevoir que j'ai complètement oublié de me renseigner à El Chalten Mille excuses. Pour Torres del Paine, je verrais à mon retour puisque je remonte ensuite à Santiago.

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  2. Dur dur. Dans des conditions pareilles,
    tu vas au bout de toi et tu vas nous revenir grandi, un vrai sage! Courage mon ami!

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